Mise à jour de la FAQ de l'ANSM sur les Bonnes Pratiques de Pharmacovigilance (BPPV)

Accueil Mise à jour de la FAQ de l’ANSM sur les Bonnes Pratiques de Pharmacovigilance (BPPV), janvier 2026

Mise à jour de la FAQ de l’ANSM sur les
Bonnes Pratiques de Pharmacovigilance (BPPV)

janvier 2026

Contexte

La dernière version des bonnes pratiques de pharmacovigilance (BPPV) a été publiée par l’ANSM en juin 2022 [1]. La « foire aux questions » (FAQ) correspondante n’avait pas été révisée depuis la précédente version des BPPV [2]. C’est désormais chose faite, l’ANSM ayant publié une mise à jour sur son site internet le 9 janvier 2026. Cette FAQ concerne uniquement le chapitre 4 des BPPV sur le « Rôle du titulaire et de l’exploitant ». Il s’agit d’une révision importante avec modification et ajout de nombreuses questions, notamment sur le rôle et les responsabilités du Responsable Pharmacovigilance (RPV), la détection et gestion des signaux au niveau local, la continuité des activités et les systèmes informatisés.

Le présent article présente quelques clarifications attendues et apportées par cette FAQ, il ne s’agit donc pas d’une analyse complète du contenu de la FAQ.

Rôle et responsabilités du Responsable Pharmacovigilance (RPV)

Qualification du RPV

Concernant la qualification du RPV, qui selon les BPPV doit être un médecin ou pharmacien justifiant d’une expérience en pharmacovigilance, l’ANSM clarifie ce qui est attendu en précisant qu’« il n’y a pas d’obligation d’inscription [du RPV] à l’ordre des médecins ou des pharmaciens ». Ceci confirme ainsi la capacité des médecins et pharmaciens diplômés en dehors de l’Union Européenne (et ayant les connaissances et l’expérience appropriées) à assurer le rôle de RPV. De même, les prestataires de services en pharmacovigilance assurant cette fonction pour leurs Clients, n’ont pas à se démener pour parvenir à inscrire leur(s) employé(s) à l’Ordre des Médecins ou Pharmaciens.

Responsabilités et supervision du système de pharmacovigilance national par le RPV

La FAQ indique les activités et documents de PV sur lesquels le RPV doit avoir une visibilité, en particulier lorsque ces activités ou documents sont gérés par la maison-mère, un Partenaire commercial ou le Titulaire d’AMM (si différent de l’Exploitant).

  • PSURs
    • La fonction de RPV implique la prise de connaissance du contenu des PSURs soumis qui sont sous la responsabilité de la maison-mère, d’un Partenaire ou du Titulaire d’AMM par exemple. Il est cependant précisé dans la FAQ, que les PSURs ne faisant pas partie de la procédure PSUSA (« PSUR Single Assessment« ) au niveau européen (c’est-à-dire les PSURs nationaux) doivent être revus par le RPV avant leur soumission.
  • Gestion du risque
    • Le RPV devrait avoir accès au Plan de Gestion des Risques (PGR) des produits exploités, pour en connaître les risques et s’assurer de la mise en place des éventuelles mesures de pharmacovigilance décrites dans le PGR. L’ANSM insiste sur le fait que le RPV doit s’assurer de la mise en œuvre en France des « mesures additionnelles de réduction de risque (MARR), qu’elles soient décidées au niveau national (ANSM, HAS…) ou européen (EMA), […]. Il doit évaluer l’efficacité de ces mesures au niveau national, ou disposer des conclusions de cette évaluation à l’échelle nationale si elle est réalisée par la maison mère ou le Titulaire d’AMM. »
  • Information sur le médicament
    • Il est de la responsabilité du RPV de s’assurer que l’information produit (RCP, notice et étiquetage) soit à jour et soit mise à disposition des patients et professionnels de santé « dans un délai maitrisé« . Il n’y a donc pas de délai imposé par la réglementation française, mais il est attendu que des délais adaptés (à l’urgence, au risque, etc.) soient définis en interne.
  • PSMF européen
    • L’ANSM indique clairement que si le PSMF France renvoie au PSMF européen, ce dernier doit être à disposition du RPV. Même dans le cas où le PSMF France ne contiendrait pas de référence au PSMF européen, « il est recommandé que le RPV ait accès au PSMF européen ou puisse l’obtenir sur demande afin d’avoir connaissance du système de PV global dans lequel s’inscrit le système de PV mis en place au niveau national. »
  • Essais cliniques, études non-interventionnelles et autres systèmes organisés de collecte de données (études de marché, programmes patients, etc.)
    • Le RPV doit être informé des essais / études promues par la maison-mère ou le Titulaire d’AMM des médicaments exploités en France dans les situations suivantes :
      • essais cliniques réalisés sur un produit disposant d’une AMM,
      • études ou programmes conduits en France sur les produits exploités en France.
    • Au minimum, le RPV doit avoir connaissance de « la date d’inclusion du 1er patient en France et la date de fin de l’essai ou de l’étude ainsi que des cas de PV rapportés en France. » Dans le cadre des essais cliniques, avoir accès au rapport annuel de sécurité (DSUR) est également recommandé pour que le RPV puisse avoir « une bonne connaissance du profil de sécurité du produit. »

 

Détection des signaux

L’ANSM rappelle que l’Exploitant doit effectuer une détection de signal au niveau national et doit inclure pour ce qui concerne le territoire national :

  • Les cas de pharmacovigilance et les cas non valides,
  • Les situations spéciales non associées à des effets indésirables,
  • Les données de la littérature médicale française dont les publications ne sont pas indexées dans les bases de données internationales ainsi que les données France issue de la veille de la littérature internationale.

La méthodologie d’analyse utilisée doit être adaptée au nombre de cas reçus (et en accord avec le Module IX des GVP [3]) et permettre une analyse sur la période définie et de manière cumulative.
Si la maison-mère réalise ou participe à cette activité, « le RPV devra avoir la visibilité sur la méthode utilisée, le détail des données sources prises en compte et le résultat de la détection de signal et devra faire part de son analyse et avis, notamment en cas de désaccord ».

D’autres données (hors cas de PV) doivent également être revues périodiquement par le RPV et le Pharmacien Responsable, pour identifier tout nouveau risque :

  • les données relatives à la qualité des produits,
  • les données de prescriptions et d’utilisations non-conformes, afin de contribuer au bon usage de ses spécialités,
  • toute autre donnée qui pourrait permettre d’anticiper un risque (exemple : l’analyse des questions d’information médicale).

 

Système de management de la qualité – Audits

La FAQ détaille les types d’audits devant être couverts par l’Exploitant dans son programme d’audit en fonction des situations :

  • Exploitant = maison-mère titulaire d’AMM
    • système PV :
      • processus PV
      • processus en interface avec la PV
    • filiales
    • prestataires de service des activités de PV ou d’intérêt pour la PV
    • partenaires de distribution, promotion, etc.
  • Exploitant = filiale France ou établissement pharmaceutique indépendant
    • processus internes de PV et ceux en interface avec la PV (l’exploitant peut faire référence à un audit de ces processus réalisé par la maison mère)
    • prestataires de service des activités de PV ou d’intérêt pour la PV (contrat signé directement entre l’Exploitant et le prestataire de service)*
    • partenaires de PV (contrat signé au niveau national)
  • Exploitant = établissement pharmaceutique indépendant
    • processus internes de PV et ceux en interface avec la PV
    • prestataires de service
    • partenaires de PV (si ces partenaires réalisent des activités de la responsabilité de l’Exploitant)

*Si l’audit est réalisé par la maison mère mais que le contrat de sous-traitance ou de partenariat est signé avec l’Exploitant au niveau national, le PR et le RPV doivent disposer du rapport d’audit ainsi que des éléments garantissant l’implémentation d’actions correctives et préventives.

Cas du Titulaire d’AMM

Pour l’ANSM, « Il est acceptable que l’exploitant n’audite pas le titulaire d’AMM (qui peut être vu comme un donneur d’ordre) ». Cependant, les dispositions contractuelles correspondantes (Pharmacovigilance Agreement (PVA), Safety Data Exchange Agreement (SDEA), etc.) doivent décrire de façon complète et détaillée le partage des responsabilités et « le RPV doit avoir les éléments lui permettant d’avoir la visibilité nécessaire pour répondre à ses obligations. » A cette fin, la FAQ précise que « l’exploitant doit s’assurer de la conformité de la réalisation des activités par le biais de procédures et de livrables (liste des journaux locaux, rapport de détection de signal local (dont méthodologie)…). »

Cas de la maison-mère réalisant des activités pour l’Exploitant

L’ANSM indique très clairement que juridiquement, « la « maison mère » n’est pas considérée comme un sous-traitant de la filiale France« . Cela sous-entend que l’audit de la maison-mère par l’Exploitant n’est pas requis.

 

Maîtrise des systèmes informatisés

La FAQ explique que « le RPV doit avoir connaissance de la validation (preuves de validation) et du maintien à l’état validé des systèmes informatisés critiques utilisés pour les activités de pharmacovigilance. » Cela doit inclure la validation de la fonctionnalité d’archive des données source, si celles-ci sont conservées dans la base de données de pharmacovigilance. La transmission de l’information au RPV peut se faire via la fourniture du PSMF mis à jour en conséquence, le résumé du rapport de validation ou un email d’information.

Les requêtes créées et utilisées dans le cadre des activités de pharmacovigilance doivent également être validées de même que les montées de version du dictionnaire MedDRA (avec analyse d’impact et mise en place d’actions correspondantes, le cas échéant).

 

Conclusion

Ces réponses permettent de clarifier et préciser certains aspects des responsabilités de l’Exploitant et du RPV. En conséquence, les documents décrivant ou concernant les sujets abordés dans la FAQ doivent être revus et mis à jour, le cas échéant, notamment : les procédures, supports de formation, fiches de fonction, contrats de pharmacovigilance (SDEAs, PVAs), PSMF, etc. Par ailleurs, pour les Exploitants filiales France ou sous contrat avec un Partenaire commercial ou le Titulaire d’AMM, il convient de s’assurer que le RPV puisse assumer ses responsabilités et répondre à ses obligations grâce à la visibilité sur les différentes activités réalisées par la maison-mère, le Partenaire commercial ou le Titulaire d’AMM.

N’hésitez pas à nous contacter, nous serions ravis d’échanger avec vous et de vous accompagner pour l’analyse et la prise en compte de ces spécifications, selon vos besoins !

https://www.sunnikan.net/fr/contact/

Raphaëlle KUHN, Consultante Senior, 26 janvier 2026

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  • [1] « Décision du 01 juin 2022 relative aux bonnes pratiques de pharmacovigilance »
  • [2] FAQ datée de juin 2018
  • [3] Guideline on good pharmacovigilance practices(GVP): Module IX – Signal management